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Est-il encore utile de présenter le Collectif «SansNous»? Il a déjà rassemblé de milliers de personnes autour d'une idée très simple: rien ne légitime de continuer à imposer à certains 10 mois de service national, dès lors que la plupart des jeunes n'ont plus qu'une journée à faire voire rien Trois poids, trois mesures basées uniquement sur le critère de l'année de naissance, c'est ce que les «SansNous» dénoncent depuis leur création. Un des aspects du travail des «SansNous» a consisté dès le début
à conseiller et soutenir les sursitaires risquant d'être incorporés:
reports d'incorporation
et objection sans poste. Au printemps dernier, nous avons été des milliers à scander "on veut pas y aller...
et on n'ira pas". Depuis, certains d'entre nous ont été convoqués au service militaire
et ont eu la possibilité de mettre cette menace à exécution. Cas particuliers? Tendance générale valable dans tout le pays? Il restera sûrement
impossible de disposer de statistiques nationales sur ce point tant que le service
national obligatoire n'aura pas totalement disparu. Mais nous avons notre opinion. Pendant plusieurs décennies, celui qui refusait le service militaire sans pour autant
être objecteur, n'arrivait à y échapper qu'après un an (ou 10 mois depuis 1992) de
prison effectif. Nos ancêtres, nos parents, nos aînés ont connu cette période où l'armée
sanctionnait lourdement ceux qui refusaient de marcher au pas afin d'intimider ceux qui
auraient pu penser à les imiter. Il ne fait aucun doute qu'un tel renversement de situation est dû à la mobilisation des
milliers de personnes (sursitaires ou non) qui au printemps dernier se sont retrouvées pour
dénoncer dans un même élan l'injustice d'un service national imposé à certaines personnes,
du simple fait de leur année de naissance. Dans les Collectifs «SansNous», nous n'acceptons pas ce genre de demi mesure. Nous continuons à demander : En résumé, puisque les jeunes nés à partir de 1979 peuvent choisir d'effectuer un service
militaire ou se limiter à une journée de "formation" (même pas obligatoire pour ceux de 1979),
nous demandons la même liberté de choix pour les autres. Nous avons déjà gagné les deux premières manches. Les «SansNous» sont connus et reconnus, et l'armée préfère à présent éviter d'incorporer des personnes qui lui mettrait trop de bâtons dans les roues. Il reste à transformer l'essai. Suite à l'envoi notre proposition de loi, un député en a proposé une autre visant à avancer d'un an la fin du service national et la libération des appelés. C'est un premier pas qu'il justifie par la nécessité d'éviter que le problème du service national ne devienne un enjeu électoral lors des prochaines présidentielles. Une mesure de gestionnaire pour éviter qu'un problème politique ne prenne trop d'ampleur à un mauvais moment en quelques sortes. Depuis, 5 autres députés ont repris en leur nom la proposition de loi des «SansNous». Elle a été transmise à la commission défense de l'Assemblée Nationale. Un grand pas en avant, mais beaucoup de lois ont suivi le même trajet avant de tomber dans l'oubli. Il ne faudra pas que ce soit le cas de celle là. Chacun depuis sa ville peut faire avancer les choses. Pas besoin d'habiter Paris pour rappeler
certains problèmes à son député ou à son député
ou à son sénateur est quelquefois aussi
le maire de la commune. Si partout dans le pays de nombreux citoyens de base prennent la peine de rédiger
un courrier, ça ne leur prendra pas beaucoup de temps et l'accumulation des demandes ne passera
pas inaperçue. En 1979, des dizaines de milliers de motards français se sont regroupés pour s'opposer à
des projets de lois discriminatoires à leur égard. Ils ont fini par gagner sur tous leurs
points de revendication. Alors sursitaires du service national, personnes récemment tirées d'affaire, ex appelés, parents et amis de sursitaires, ou plus simplement personnes de tout sexe et de tout âge attachées aux notions de liberté, d'équité ou de justice, tous ensemble nous pouvons gagner, comme l'ont déjà fait à plusieurs reprise d'autres personnes sur d'autres sujets. Et plus tard, il nous restera plein de bons souvenirs à raconter fièrement à nos enfants. Il suffit de continuer le travail, de nous y mettre, ou de nous y remettre. Le Collectif «SansNous» |
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